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Le Soleil (Dakar)
Idrissa Sané
Mohammed
Sylla appelé aussi Mess a bouclé la production de son premier album
solo intitulé « Ignorance Zéro ». Les compositions sont une diversité
de sonorités qui abordent des questions cruciales comme l'émigration
clandestine, les conflits religieux entre autres.
«
Ignorance zéro ». Tel est le titre aguicheur du premier album du
rappeur « Mess » qui aborde une carrière solo après avoir fait ses
premiers pas dans la formation « Baraka Bossa ». Mess veut proposer un
« rap conscient » qui pousse à la réflexion. Il ne chante pas pour le
simple plaisir de chanter.
Il compose pour susciter la réflexion sur les
grandes questions de l'heure et aussi sur l'évolution de la société. «
Je raconte mon histoire à travers mon vécu. Je parle du génocide du
Rwanda. J'avais une belle-mère qui a été enlevée. La famille a vécu
pendant longtemps l'angoisse », dit-il. Mais avant l'écriture, tel un
enquêteur, il s'était rendu sur le terrain pour recueillir la bonne
information en vue d'écrire des textes relevés.
Pour
lui, le rap souffre de la pauvreté des textes, c'est pour cette raison
qu'il demande aux jeunes de poursuivre leurs études tout en restant
dans la musique. « Si les jeunes font de la musique par passion, elle
peut devenir à la longue une profession. Mais cela ne doit pas nuire à
leurs études, au contraire, c'est un avantage pour écrire des textes
intéressants », prodigue cet ingénieur de son qui vit en France.
Ici, il a joué la première partie de plusieurs
artistes de renom. D'ailleurs, il utilise la musique pour indexer les
véritables causes de l'émigration et les principaux responsables de
cette tragédie humaine des temps modernes. Pour Mess, la France et les
familles africaines sont responsables de l'accentuation des départs
vers l'Europe.
La France dit-il, ne fait rien
pour aider les pays africains à sortir de la précarité. Et que les
familles incitent leurs enfants à mettre en péril leur vie pour aller
chercher la richesse en occident. Mess s'engage aussi, à travers ses
textes, à rétablir dans la vérité, les fausses idées et préjugés que
les européens ont de l'Afrique. Ces images de guerres et de pauvreté
que les chaînes de télévision montrent tous les jours ne reflètent pas
la réalité du continent, défend le rappeur.
Comme
pour l'émigration, il développe une vision fédératrice sur la question
de la religion. Dans le titre « Je crois à Dieu et alors... », la
diversité religieuse clame-t-il ne doit pas être une source de conflit.
Chacun , dit-il, peut pratiquer sa religion tout en respectant son
prochain. « Aujourd'hui, il y a des guerres qui ont une toile de fond
religieuse. Je pense que chacun peut pratiquer sa religion sans se
faire des ennemis parce que nous croyons en un Dieu unique », avance ce
français d'origine sénégalaise inspiré par sa propre histoire. Sa
musique bien rythmée est un véritable cocktail de sonorités.
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