N’empêche qu’il se susurre qu’il y a un clash entre vous
(Ndongo) On le dit et on le redit : il n’y a
jamais eu de clash entre les membres de Daara-J. Il y a quelque mois,
nous avons eu écho de cela à travers la presse, mais c’est juste un
manque d’informations sur le groupe. Nous sommes partis, Fada Freddy et
moi, dans un nouveau concept qui est Daara-J Family. N’empêche, il faut
que les gens sachent que le Daara-J d’origine reste toujours et cela
est très important pour nous. Aujourd’hui, n’importe qui d’entre nous
peut se permettre de réaliser un projet qui lui est propre. Je vous
donne un exemple : Aladji Man a organisé un concert avec Morgan
Héritage, en plus de faire partie de «Black Emotions» ; moi j’ai
réalisé beaucoup de projets avec des rappeurs qui n’ont rien avoir avec
Daara-J. Tout ceci n’entrave en rien notre travail. Le plus important
est que nous nous cultivions de bonnes relations et que rien ni
personne ne parviendra à nous désunir. Maintenant, les gens sont libres
de raconter tout ce qu’ils veulent, mais cela ne changera rien. Le plus
important c’est ce que moi, Fada ou Aladji, nous vous disons. Et
l’avenir vous en dira plus, avec le nouveau produit qui va sortir.
(Fada) Il est également très important de
souligner que le monde est en mutation et les artistes, par rapport à
leurs expériences et leurs ambitions, mûrissent. Pour notre part, c’est
l’heure de la récolte qui a sonné. Donc, nous avons besoin de nouvelles
expériences, de fouler de nouveaux horizons qui nous sont encore
inconnus, d’où Daara J Family. Je reviens encore pour rassurer tout le
monde et dire que nous entretenons de très bonnes relations avec
Aladji. On se fréquente toujours, on se parle au téléphone. Que ce soit
clair une bonne fois pour toutes, il n’y a jamais eu de clash dans le
groupe Daara J. Quoi qu’on dise, nous avons partagé 13 ans de notre
vie. Toutefois, le domaine du travail reste autre chose. Et la plupart
des gens ne comprennent pas qu’on ne peut mélanger l’amitié et le
travail.
Quelle est cette attache qui lie Fada et Ndongo depuis l’enfance?
(Fada) Moi-même je ne saurai l’expliquer. Je
sais tout juste que quand j’allais au lycée - à l’époque j’avais 13 ans
- je rencontrais sur mon chemin un jeune homme qui avait à, peu près,
le même âge que moi. On se saluait tout le temps. Il n’arrivait pas un
jour sans que je ne le rencontre sur mon chemin. Même quand j’étais en
retard. Un jour, trois ans après, nous avons été présentés par une
tierce personne. Nous avions chacun un walkman à l’oreille, en train
d’écouter de la musique Rap. Au même instant, nous nous sommes
découvert plein de points en commun, dont la spiritualité qui a été
pour beaucoup dans notre amitié. C’est quelque chose qui vient de Dieu,
donc on ne peut que le laisser entre ses mains. Je suis lui et lui, il
est moi. Chaque fois que je suis avec lui, je sens que je me rapproche
de Dieu.
Quel est votre sentiment à vous Ndongo?
Il a tout dit. C’est du ressort de Dieu, notre destin est entre ses mains.
Quel regard jetez-vous sur la nouvelle génération de rappeurs ?
(Nongo) Les nouveaux rappeurs ont du pain sur la
planche. Sur mille rappeurs au Sénégal, on ne peut compter que sur 25
pour représenter dignement le Sénégal à l’extérieur. Il y a vraiment du
boulot à faire au niveau des conceptions musicales et même au niveau du
code vestimentaire. Il y a un réel mimétisme des Occidentaux. Ils
voient l’Américain porter quelque chose, ils copient sans savoir quel
est le message que ce dernier essaye de véhiculer. Il ne faudrait pas
copier aveuglément. Par rapport à cet état de fait, nous avons notre
part de responsabilité et c’est justement à travers ce nouveau produit
que nous comptons y remédier.
(Fada) J’ajouterai que c’est à cause de ce
mimétisme que ces rappeurs là ont du mal à percer à l’extérieur. Parce
que ce qu’ils ne savent pas, c’est que la mondialisation a créé des
plateformes d’échanges. Chacun apporte sa marchandise pour l’échanger,
mais si le Sénégalais apporte un produit qui se trouve déjà en
Amérique, à coup sûr on lui dira qu’ils n’en ont pas besoin. Les jeunes
doivent être conscients que seules leurs empreintes leur permettront de
s’en sortir.
Votre situation matrimoniale?
(Fada) Je suis marié à une épouse et j’ai 4 enfants : un garçon et 3 filles.
Une deuxième femme ne vous tente pas?
Je suis un musulman, si Dieu en décide ainsi
tant mieux. Mais pour le moment ma femme me satisfait, elle me suffit
et me comble de bonheur.
Vie de famille et fans?
Tantôt c’est facile comme cela peut être le
contraire. Dans la mesure où il y en a qui peuvent faire la part des
choses et respecter notre vie privée, tandis que d’autres en font trop,
à tel point que nos femmes et nos enfants sont lésés. Mais aussi
contradictoire que cela puisse paraître, je suis prêt à faire d’énormes
sacrifices pour continuer à faire plaisir à mes fans.
Et vous Ndongo?
Depuis 8 ans, je suis marié, j’ai 3 enfants : 2
garçons et une fille. C’est vraiment pas évident d’allier une vie de
famille et d’artiste. Mais on essaie tant bien que mal. Et ce, grâce à
une compréhension mutuelle et de la persévérance. Maintenant pour ce
qui est de prendre une autre épouse, je ne sais pas de quoi demain est
fait. Dans tous les cas je suis un musulman.
Votre dernier mot.
Nous présentons nos sincères excuses au monde
entier qui vient de perdre une icône de la musique : Miriam Makéba.
Elle a balisé la route et a laissé un patrimoine culturel assez riche.